Le GR 65, que l’on nomme aussi souvent le « chemin de Compostelle », ou « pèlerinage vers Compostelle » ou encore «  le chemin du Puy », est sans aucun doute l’un des plus fréquentés de France. Son chemin est extrêmement bien balisé, et offre une multitude de possibilités d’hébergements en chemin. Il compose une sorte de prolongement naturel de différentes voies provenant de la Suisse et d’Europe centrale.

Ce sentier de grande randonnée est exceptionnel. Il propose une grande diversité de paysages, et vous emmène à la découverte de villes historiques hors du temps. C’est aussi un chemin proposant de nombreuses variantes et détours. La totalité du GR 65 traverse une partie de la Suisse et treize départements français. Ces départements sont : la Haute-Savoie, la Savoie, l’Isère, la Loire, la Haute-Loire, la Lozère, l’Aveyron, le Lot, le Tarn-et-Garonne, le Lot-et-Garonne, le Gers, Les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Il comprend donc de nombreuses étapes permettant de relier Saint-Jean-Pied-de-Port depuis Genève.

L’histoire du chemin de Compostelle

Le chemin menant à Saint-Jacques-de-Compostelle fait rêver de nombreux pèlerins et randonneurs. Cette aventure humaine hors du commun est vieille de plus de 1 000 ans. En effet, c’est en 813 que le tombeau de Jacques le Majeur a été découvert à Compostelle. Cette découverte est à l’origine d’un bouleversement dans le Moyen-âge. De nombreuses personnes empruntent les chemins pour s’y rendre, ce qui favorise les échanges entre les populations européennes.

saint jacques de compostelle

Par la suite, au cours du XIIe siècle, le « Codex Calixtinus » est écrit par le moine Aimery Picaud. Cet ouvrage lie les chemins du Puy, de Toulouse, de Vézelay ainsi que de Tours et au-delà des Pyrénées, par le biais de la Galice. Historiquement, le premier chemin à voir officiellement le jour date de 1972 : il s’agit de celui du Puy à la demande de la FFRandonnée actuelle, baptisée à l’époque le CNSGR. Aujourd’hui nommé le GR 65, il permet de relier les différents lieux ou des traces du culte de Saint Jacques subsistent encore. Quelques autres voies européennes sont alors tracées après la reconnaissance de ces chemins comme du tout premier itinéraire culturel du continent par le Conseil de l’Europe en 1987.

Enfin, le chemin est depuis 1993 classé parmi le patrimoine mondial de l’UNESCO du « Camino francès ». Sept tracés de chemins et 71 monuments français ont ensuite été classés en 1998. Comme vous l’aurez compris, le chemin de Compostelle offre un condensé d’histoire unique, des paysages à couper le souffle et une aventure humaine que l’on n’oublie pas.

Les particularités du GR 65

Le GR 65 est réputé pour proposer d’innombrables détours. Ces derniers vous conduisent vers des villes historiques comme Agen, ou vous font faire le tour de montagnes. Ils sont facultatifs : vous pouvez suivre le tracé le plus simple et le plus direct en direction de Saint-Jacques de Compostelle. Mais vous pouvez aussi allonger votre pèlerinage en empruntant tout ou partie de ces détours (ce qui vous demandera quelques jours, voire quelques semaines supplémentaires de marche). L’itinéraire que nous détaillons est le plus simple : celui permettant de relier Genève à Saint-Jacques-de-Compostelle au plus « vite ». Libre à vous de prolonger l’expérience ou non.

L’itinéraire suivi par le GR 65

La partie française de l’itinéraire mesure au total près de 1 100 kilomètres. Mais le chemin de Compostelle s’étend aussi en Suisse et en Espagne, notamment.

De Genève à Saint-Chély-d’Aubrac

La première étape de ce long trajet en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle prend son départ à Genève. 51 kilomètres de marche vous attendent. Ils sont le plus souvent parcourus en trois jours. Vous quittez le lac Léman de Genève pour gagner Compesières, Charly, Chaumont et Seyssel.

La seconde étape comprend cinq jours de marche, et un peu plus de 101 kilomètres. Vous quittez alors Seyssel pour gagner Grand-Lemps. Entre temps, vous traverserez Chanaz, Yenne, Saint-Genix-sur-Guiers, avant de terminer l’étape.

Depuis Grand-Lemps, vous rejoindrez Chavanaz. Lancez-vous dans une étape de six jours, composés de 118 kilomètres de marche pour relier Puy-en-Velez. Vous traversez le parc naturel régional du Pilat au cours de ce magnifique tracé. Depuis Puy-en-Velez, vous aurez la possibilité de relier Sauges en trois jours (42,5 kilomètres), ou Aumont-Aubrac en quatre à cinq jours (86 kilomètres).

Par la suite, depuis Aumont-Aubrac, vous pourrez gagner Conques en sept jours de marche. 117 kilomètres de chemins séparent ces deux villes. Sur votre route, vous passerez par Finieyrols, Nasbinals et Saint-Chély-d’Aubrac.

De Conques à Saint-Jean-Pied-de-Port

La prochaine étape débute à Conques. Elle permet de relier Figeac en trois jours de marche, et 49 kilomètres. Vous traverserez Decazeville et Montredon sur votre chemin. De Figeac, vous gagnerez Cahors. Deux itinéraires sont alors possibles. Le premier dure cinq jours et comprend près de 90 kilomètres. Le second dure six jours et s’effectue en 115 kilomètres de parcours. Ce tracé vous fera entrer en Occitanie. Une fois parvenus en terre occitane et donc à Cahors, vous pourrez gagner Moissac en quatre jours, et un peu plus de 72 kilomètres. Vous passerez alors par Lascabanes, Montcuq et l’Aube Nouvelle.

De Moissac, vous pourrez gagner Condom en cinq jours, après un parcours de 85 kilomètres. Ensuite, de Condom, vous gagnerez Aire-sur-l’Adour en passant par Eauze. Ce tracé est long de 80 kilomètres environ, vous demandera de marcher durant quatre jours. Plongez au cœur du Béarn en partant d’Aire-sur-l’Adour en direction de Navarrenx pour une marche de cinq jours (95 kilomètres). Prenez le temps d’apprécier les vignobles et les paysages à couper le souffle ! De Navarrenx, il vous sera possible de rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port en trois jours (66,6 kilomètres). C’est ici que se termine la partie française du GR 65.

Les tours proposés par le GR 65

Connu pour ses nombreux détours, le chemin de Compostelle propose sur sa route différents tours comme le tour des monts d’Aubrac, qui prend son départ à Saint-Chély-d’Aubrac. Ce tour s’effectue en deux jours et comprend 37 kilomètres de marche. On peut aussi effectuer un tour en partance d’Aumont-Aubrac, qui est plus long cette fois-ci. Ce dernier s’effectue en 103 kilomètres et cinq jours.

Toujours à proximité des monts d’Aubrac se trouve un troisième tour, qui prend son départ à Quatre-Chemins. Il comprend une boucle de 86 kilomètres effectuée en quatre jours. Une autre boucle se situe à Carjac. Elle mesure 124 kilomètres et s’effectue en six jours.

Informations pratiques pour votre pèlerinage

Comme vous l’aurez compris, le chemin de grande randonnée du GR 65 est très long. Il requiert une certaine organisation, notamment si vous décidez de l’entreprendre en entier.

Bien organiser le GR 65

La meilleure période pour entreprendre ce long périple de plus de mille kilomètres n’est certainement pas l’hiver. En règle générale, on conseille d’entreprendre le chemin de Compostelle entre le début du mois d’avril et la fin du mois d’octobre, tout au plus. En effet, certaines régions traversées peuvent être enneigées en hiver. Pour votre confort et votre sécurité, il est préférable de ne pas s’aventurer dans de telles conditions.

Pour suivre le chemin et ne rater aucun détour d’importance, n’hésitez pas à vous équiper d’une carte détaillée. Celle-ci vous indiquera le parcours, les services et les établissements à proximité. Vous y trouverez aussi tous les détails des chemins : kilomètres, temps de marche à prévoir, etc. Les informations contenues dans ces documents numériques ou papiers peuvent vous être d’une grande aide.

Où s’arrêter et dormir ?

Comme nous l’avons évoqué précédemment, le GR 65 se démarque par les multiples sites d’hébergement proposés tout au long du chemin : vous avez l’embarras du choix. Si vous partez au printemps ou en été, il vous sera possible de planter votre tente pour bivouaquer tout au long du chemin. Si vous faites ce choix, attendez-vous à emporter un équipement lourd. Ce dernier doit contenir le nécessaire pour dormir, mais également pour vous nourrir entre chaque ville ou village.

Si vous choisissez de dormir dans les différents hébergements proposés, vous aurez le choix de vous rendre chez l’habitant, dans des gîtes, des refuges, des chambres d’hôtes ou encore, des hôtels. Votre sac sera dans ce cas bien moins imposant. Mais ces nuits de confort ont un coût : en fonction de vos choix, ne prévoyez entre trente et soixante euros par personne et par nuit. Ajoutez à cela le prix de la nourriture. Des restaurants et divers services vous seront proposés dans les villes et les villages traversés par le chemin de Compostelle.

Faites porter vos bagages !

Tout au long de votre périple, vous aurez la possibilité d’alléger votre charge en faisant porter vos bagages ou en vous faisant à manger à l’avance via un Cookeo par exemple. Avec un peu d’organisation, vous pourrez faire transporter votre sac d’un hébergement à un autre sur votre route. Cela vous permet de vous déplacer avec un équipement très léger, ce qui rend votre marche plus agréable et plus aisée. Lorsque celui-ci pèse plusieurs kilogrammes (ou plusieurs dizaines), la différence se fait très vite ressentir. Les visites des différents points d’intérêts du chemin de Compostelle seront aussi bien plus pratiques et agréables ! Une fois arrivée à la fin de votre périple, il vous sera possible de rejoindre votre point de départ grâce aux transports.

GR 65 : le chemin de Compostelle
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