Le sentier GR 20 vous emmène pour une traversée hors du commun du territoire corse. Il s’étend du nord de l’île jusqu’à la côte du sud, et traverse massifs montagneux des deux départements. Il est reconnu pour son haut niveau de difficulté, mais aussi pour la beauté sans commune mesure de ses paysages et des panoramas. Voici tout ce que vous devez savoir au sujet du GR le plus difficile d’Europe.

Le GR 20 : la traversée de la Corse

Le sentier de grande randonnée 20, aussi connu sous le nom de « traversée de la Corse » ou simplement « GR 20 », est un tracé hors du commun. Comme son nom l’indique très bien, il consiste à traverser l’île de beauté en passant par les massifs montagneux. Il mesure près de 200 kilomètres. De multiples randonneurs viennent s’y confronter, et nombreux sont ceux qui abandonnent en cours de chemin. Le parcours est jalonné de balises de couleur rouge. Mais le chemin comprend aussi des variantes alpines que des balises désignent avec deux traits jaunes.

Une randonnée connue pour son niveau de difficulté

On connaît le GR 20 comme le parcours de randonnée le plus difficile d’Europe. Et cette réputation n’est pas due au hasard. Les deux cents kilomètres qui séparent le point de départ au nord de l’île de beauté du sud tout en traversant les massifs montagneux sont véritablement très exigeants. Il est d’ailleurs recommandé de ne pas s’y aventurer sans expérience ou seul(e). Son niveau est très élevé et son tracé comprend différents passages complexes comme des tronçons enneigés ou des chemins sur des rochers instables.

Il n’est pas rare de voir des randonneurs non préparés abandonner en cours de route. Il arrive même que des randonneurs expérimentés ou bien entraînés s’arrêtent avant la dernière étape par manque de motivation ou par fatigue. Et pour cause : marcher de longues heures sur des terrains accidentés et sous un soleil de plomb est une épreuve difficile. En somme, le GR 20 est un magnifique défi qu’il ne faut pas sous-estimé. Il se réalise en une quinzaine de jours de marche. Les randonneurs marchent environ sept heures par jours, lorsqu’ils sont entraînés. Kilian Jornet est parvenu à boucler la traversée de la Corse par le GR 20 en un temps record de 32 heures et 54 minutes.

Les passages les plus techniques du GR 20 sont le Cirque de la Solitude, le passage de la brèche de Capitello et la variante alpine de Bavella. On retrouve aussi l’arête des Statues sur le sud et l’Incudine, notamment en but de saison. Mais attention, cela ne veut absolument pas dire que les autres passages sont faciles !

Le GR 20 nord

La partie nord sur sentier de grande randonnée de Corse est celui que l’on considère comme le plus difficile. Il permet de relier deux lieux corses : Calenzana à Vizzavona. Pour cela, les randonneurs doivent longer des lacs glaciaires, grimper des cols élevés et franchir des passages techniques avec des échelles et des chaînes. C’est dans la partie nord du GR 20 que se trouve le Cirque de la Solitude, un passage particulièrement complexe. Son étape est très impressionnante. Comme vous le verrez, très peu de chemins s’avèrent aisés durant le parcours du GR 20. Les passages clé de la partie nord du sentier sont la traversée de Bonifatu, la descente de Foggiale, la brèche de Capitello et le Cirque de la Solitude, donc.

Le GR 20 sud

La partie sud du GR 20 est un peu moins escarpée qu’au nord. Ses reliefs sont légèrement plus doux et les dénivellations moins importantes. Cependant, ce tronçon demeure tout de même exigeant et difficile : il demande de l’endurance et de la persévérance. L’ambiance alpine domine durant tout le chemin. Les paysages de montagne sont à couper le souffle. Ce parcours comprend d’ailleurs l’ascension du mont Alcudine. Les randonneurs sont amenés à suivre l’arête des Statues, et à traverser les vallons et les plateaux corses.

L’histoire du GR 20

Le GR 20 tel que nous le connaissons est né dans les années 1972, peu après la création du célèbre parc naturel régional de l’île de beauté. Voici son histoire.

La naissance du GR 20

Le GR 20 est un sentier de grande randonnée situé en Corse. Son histoire est liée aux années 1970, qui sont très importantes dans l’histoire de l’île. À cette époque charnière, l’île faisait l’objet de revendications régionalistes, culturelles et environnementales. Le parc naturel régional de Corse est d’ailleurs né à cette époque, le 15 mai 1972 pour être exact. La création du parc avait pour mission de freiner la désertification des petits villages, ainsi que du centre de l’île de beauté. En mettant en valeur d’anciens chemins intervillages et de transhumance, les habitants espéraient relancer le pastoralisme d’estive. Ils cherchaient aussi à développer l’équivalent actuel du tourisme vert.

C’est ainsi qu’a vu le jour le projet de haute route traversant l’île du nord au sud. Le chemin devait passer par tous les principaux massifs de Corse. Michel Fabrickant est un alpiniste passionné par l’île. Il est à l’origine du tout premier tracé du GR 20, qui remonte à l’année 1972. Ce dernier a entrepris le périple peu après la création du parc. Après cela, des refuges de montagne ont été progressivement construits le long du tracé. Au départ, le GR 20 avait été élaboré dans un esprit sportif : il comprenait peu de confort et se pratiquait en totale autonomie. Il n’était donc pas accessible à tous les profils de randonneurs.

Durant plusieurs années, seuls des montagnards avertis pouvaient l’entreprendre avec des sacs pesant plus de 25 kilogrammes. Aucun point de ravitaillement n’était présent : les randonneurs se ravitaillaient dans les villages qu’ils traversaient. Dans certains cas, ils devaient redescendre dans les vallées. Les refuges créés le long du chemin étaient gérés par les agents du parc régional. La vente de nourriture y était donc totalement interdite. Depuis, le GR 20 a beaucoup évolué.

Le GR 20 aujourd’hui

randonnée corse

Depuis les années 1990, le GR 20 est parvenu à se forger une réputation internationale. Beaucoup qualifiaient ce trek de l’un des plus beaux au monde. Naturellement, il attira de très nombreux amateurs de trekkings des quatre coins de la planète et de France. Les raisons de ce succès sont variées, mais il est directement lié à la popularisation de la randonnée. Les premières associations et les pionniers de la randonnée en Corse sont aussi à l’origine du succès du GR 20 dans les années 1990 et encore aujourd’hui.

Ce projet a permis d’améliorer et d’accélérer le processus de professionnalisation de la région, et ce à différents niveaux : formations de guides, d’accompagnateurs, de gardiens. Aujourd’hui, le parcours se fait essentiellement sans portage. Les randonneurs (pour la plupart) embarquent donc un sac de huit kilogrammes sur le dos. Les refuges ont été confiés à des gardiens professionnels, qui peuvent avoir plusieurs métiers. Ces refuges proposent désormais des ravitaillements : repas, boissons, petit-déjeuner. Le tracé du GR 20 est resté très exigeant, mais il est devenu accessible au plus grand nombre.

Dans les environs, de nombreux établissements se sont ouverts pour accueillir les randonneurs durant leur périple à travers les montagnes Corse. Hôtels, gîtes, restaurants, chambre d’hôtes, refuges, etc. Des agences proposent des formules spécifiques au GR20.

L’itinéraire du GR 20 Nord

200 kilomètres de marche en deux semaines : c’est ce qui vous attend lors du GR 20. Voici les étapes détaillées du parcours de grande randonnée le plus difficile d’Europe, du nord au sud.

Étape 1 : de Calenzana à Orto di u Piubbu

En moyenne, cette première étape dure 6 heures et 15 minutes. Mais cette durée est très variable en fonction du niveau des randonneurs et du rythme qu’ils s’imposent. L’étape comprend un dénivelé positif de 1 295 mètres. Avec le GR 20, on entre directement dans le vif du sujet : il va falloir grimper dès les premiers kilomètres. Cette première montée offre aux randonneurs une vue imprenable sur la ville de Calvi et la mer. La randonnée débute par des chemins relativement faciles : de la forêt, traversée du maquis… Mais elle se complique rapidement lorsqu’on parvient aux roches. Elle prend fin au refuge d’Orto di u Piubbu. Le refuge comprend un total de trente places et se situe dans un environnement boisé.

Étape 2 du GR 20 : d’Orto di u Piubbu à Carozzu

En partance du refuge d’Orto di u Piubbu, la seconde étape du chemin de grande randonnée 20 comprend un temps de parcours de l’ordre de 6 heures et 30 minutes. La montée de la veille encore dans les jambes, il va falloir affronter une descente très redoutable. Elle comprend un dénivelé négatif de 871 mètres. Sur les crêtes, les randonneurs enchaînent les montées et les descentes avec rythme. La première partie de l’étape se déroule dans un secteur essentiellement forestier. La seconde amène les randonneurs à se frotter à la haute montagne insulaire et à ses panoramas majestueux. Ils gagnent enfin le refuge de Carozzu, installé non loin d’un torrent.

Étape 3 : de Carozzu à Ascu Stagnu

Durant cette troisième étape qui débute lorsque les marcheurs quittent le refuge de Carozzu, la fatigue des deux premiers jours commence à se faire sentir. Le GR 20 ne ménage pas les randonneurs qui devront poursuivre leurs efforts : le chemin est encore très long ! Ce dernier n’évolue pas : il comprend des montées, des descentes, des chemins de roche… Durant cette troisième étape, les randonneurs vont devoir traverser la passerelle suspendue de Spasimata. Elle porte aussi le nom de « pont des singes ». Durant cette traversée, les frissons sont garantis ! C’est après plus de 6 heures et 30 minutes de marche qu’ils parviennent à Ascu Stagnu et son refuge. Durant cette étape, le dénivelé positif est de 760 mètres, et le négatif de 608 mètres.

Étape 4 : d’Ascu Stagnu à Tighjettu

Cette quatrième étape est l’une des plus redoutées de l’ensemble du GR 20. C’est au cours de ce tracé vertigineux que les randonneurs traversent le Cirque de la Solitude. Pour le dépasser, il faut affronter un dénivelé positif de 1 000 mètres ainsi qu’un négatif de 781 mètres. Le tout, en sept heures de marche. Les descentes et les montées sont impressionnantes au niveau de ce point technique. Pour s’aider, les randonneurs peuvent utiliser les chaînes et les échelles mises à leur disposition. De la neige s’y trouve jusqu’au mois de juillet. Les passages sont donc équipés pour aider les randonneurs. Le refuge de Tighjettu est situé à 1 680 mètres d’altitude et comprend 48 places.

Étape 5 du GR 20 : de Tighjettu à Ciottuli di i Mori

Après avoir affronté la terrible étape du Cirque de la Solitude, les randonneurs devront faire face à une étape relativement courte qui ne dure que quatre heures. Ce tracé comprend des dénivelés de faible ampleur : 607 mètres de dénivelé positif et 299 de dénivelé négatif. Au cours de cette étape, les marcheurs pourront apprécier de véritables trésors de la nature comme le Capu Tafunatu et son trou au sommet ainsi que la Paglia Orba. Le refuge de Ciottulu di i Mori se situe à 2 020 mètres d’altitude. L’étape est idéale pour se remettre des jours passés et pour prendre le temps de découvrir la nature environnante.

Étape 6 : de Ciottuli di I Mori à Manganu

La sixième étape est la plus longue du parcours, puisqu’elle se termine en huit heures. En revanche, elle a l’avantage de ne pas être la plus éprouvante. Les dénivelés sont relativement faibles (626 mètres de positif et 926 de dénivelé négatif). C’est au cours de cette marche que les randonneurs peuvent les découvrir les pelouses spongieuses de Corse ainsi que le lac de Nino. Prenez le temps de découvrir la nature qui vous entoure et équipez-vous de votre appareil photo. On y trouve la source du Tavignano, le plus long fleuve de l’île de beauté. Vous gagnerez enfin le refuge de Manganu.

Étape 7 : de Manganu à Petra Piana

La septième étape du parcours est assez brutale. Elle débute par une très longue montée. Cependant, après sept jours d’efforts, votre corps se sera habitué à l’effort. En haut de cette montée se trouve une vue imprenable sur la brèche du Capitello, qu’il faudra traverser. Jusqu’au mois de juin, des névés persévèrent. Il faudra prendre garde à ne pas glisser. La vue comprend plusieurs lacs, dont le lac de Melo. Au terme de 6 heures et 30 minutes de marche et après avoir affronté un dénivelé négatif de près de 590 mètres, les randonneurs parviennent au refuge de Petra Piana.

Étape 8 : de Petra Piana à L’Onda

Deux possibilités s’offrent aux randonneurs dès le début de cette nouvelle étape de 5 heures. Ils peuvent emprunter le tracé classique du GR 20. Mais ils peuvent aussi choisir de suivre le balisage jaune qui indique une variante alpine et ainsi passer par les crêtes des Pinzi Corbini. Cet itinéraire alternatif permet de sauter la neuvième étape et d’arriver directement à Vizzavona. Néanmoins, elle se constitue d’une marche très longue. Les randonneurs suivant le sentier classique devront affronter une descente assez brute. Mais leurs efforts seront récompensés par la possibilité de se baigner dans la rivière du Manganellu ! Le dénivelé négatif est de 900 mètres alors que le positif est de 490 mètres.

Étape 9 : de L’Onda à Vizzavona

Les randonneurs ayant choisi l’itinéraire classique devront faire face à cette dernière étape de la partie nord du GR 20. Les montées seront raides et les descentes brutales au cours de la marche de 6 heures et 30 minutes qui les attend. Ils devront affronter un dénivelé négatif de 1 221 mètres. Le dénivelé positif est de 710 mètres. Les randonneurs passeront près de la cascade des Anglais et du mont d’Oro. C’est à Vizzavona qu’ils terminent la partie nord du GR 20.

L’itinéraire du GR 20 Sud

Moins éprouvante physiquement, cette seconde partie du GR 20 ne doit surtout pas être sous-estimée.

Étape 10 : de Vizzavona à Capanelle

Cette première étape annonce l’arrivée d’étapes plus faciles. Les sentiers seront plus accessibles. Mais ne sous-estimez pas le GR 20 : il est plein de surprises. Les dénivelés sont toujours présents et ne faiblissent pas : 890 mètres de positif et 224 mètres de négatif. Seules les embûches sont moins nombreuses. Les randonneurs parviennent à Capanelle en un peu plus de 5 heures de marche, en règle générale. Ils peuvent trouver un point de ravitaillement en eau tout près du refuge. Sur le GR 20, l’eau potable n’est pas si courante que cela.

Étape 11 : de Capanelle à Prati

La onzième étape du GR 20 n’est pas la plus difficile, mais elle demande un certain niveau d’endurance. On la parcourt en 6 heures et 15 minutes. Les randonneurs affrontent un dénivelé positif de 838 mètres et un négatif de 584 mètres. Le tracé passe par la forêt et le chemin est très large. Aucune difficulté particulière n’est à surmonter. En revanche, la descente vers Bocca di Verte est raide, tout comme la montée vers le Bocca d’Oru. Accrochez-vous pour arriver jusqu’au refuge de Prati et terminer cette nouvelle étape. Vous n’êtes plus très loin de la fin du GR 20 !

Étape 12 : de Prati à Usciolu

À Prati, il faut se préparer à affronter une étape redoutable, faite de descentes et de montes sur des crêtes durant plus de cinq heures. On note un dénivelé positif de 657 mètres et un négatif de 747 mètres. Ce n’est pas la plus difficile du GR 20, rassurez-vous. Les montées et les descentes s’enchaînent à un rythme soutenu. La toute dernière descente sera éprouvante pour les jambes, mais conduit les randonneurs vers leur destination qui est le refuge d’Usciolu. Là-bas, ils peuvent se reposer et se ravitailler tout en profitant d’une magnifique vue sur la Corse.

Étape 13 : de Usciolu à Asinau

Les randonneurs peuvent se féliciter : il ne reste que trois étapes pour boucler ce GR 20. Mais la treizième étape est l’une des plus longues du sentier de grande randonnée. Elle dure 7 heures, mais certains guides annoncent 8 heures et 30 minutes de marche. Les marcheurs traversent des forêts de hêtres, des plains, des crêtes, un paysage minéral… Durant cette longue marche, les paysages s’enchaînent pour le plus grand plaisir des yeux. Elle comprend aussi l’ascension du mont Alcudina. Avec ses 2 134 mètres, il est le plus haut de la partie sud de la Corse. Mais la vue proposée sur ses hauteurs est à couper le souffle. Après en avoir profité, les randonneurs entreprennent la descente vers Asinau, et se préparent à affronter l’avant-dernière étape du parcours.

Étape 14 : de Asinau à Paliri

Pour cette avant-dernière étape, deux possibilités s’offrent aux randonneurs. Ils peuvent choisir de suivre le sentier classique du GR 20 ou emprunter une variante alpine longue de 6 heures et 30 minutes. Le sentier classique est relativement facile : il se fait en forêt et permet de parvenir assez rapidement au refuge de Paliri. Mais la variante proposée est incontournable. Les passionnés de grandes randonnées ne pourront pas y résister : il leur faudra parcourir les aiguilles de Bavella et passer devant Notre-Dame des Neiges. Après avoir atteint cette statue, le chemin retrouve sa facilité et rejoint Paliri. Sur ce tracé, le dénivelé négatif est de 904 mètres et le dénivelé positif est de 408 mètres.

Étape 15 : de Paliri à Conca

Voici l’ultime étape du GR 20. Les randonneurs sont au bout de leurs forces, mais ils sont aussi très fiers d’être parvenus jusqu’ici. Ils peuvent se faciliter du chemin parcouru ! Ce dernier tracé en partance de Paliri permet de rejoindre Conca en cinq heures de marche. Et le dénivelé négatif est important : 926 mètres. On redescend vers la côte. Le chemin est relativement facile. Seuls les rayons du soleil peuvent corser cette dernière portion de randonnée. Avant de partir, il faut donc s’assurer de bien remplir ses réserves d’eau. En arrivant à Conca, les randonneurs bouclent la dernière étape de deux semaines de randonnée sur le sentier de grande randonnée le plus difficile d’Europe. Si vous y parvenez aussi, récompensez votre arrivée avec une délicieuse bière corse !

Le GR 20 est un parcours mythique et difficile. Mais la diversité de ses paysages, son climat et le défi qu’il représente attire de nombreux randonneurs chaque année. Beaucoup souhaitent s’y confronter. En ferez-vous partie ?

GR 20 : la Corse à pied
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